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Parc Güell / Visite / Plan du Park de Güell dessiné par Gaudi vers 1903


Plan du Park de Güell dessiné par Gaudi vers 1903
Antonio Gaudi Parc Güell
I/ Historique de l'oeuvre

Propriétaire d'un terrain de quinze hectares sur une colline de Barcelone, racheté à un bourgeois
barcelonais, Eusebi Güell, mécène et principal commanditaire de Gaudi, désire que l'architecte y
réalise pour lui une cité-jardin à l'anglaise. Il n'existait auparavant qu'une maison et un parc
traditionnel.

Contexte

La Catalogne de la fin du XIXe siècle est en pleine expansion industrielle, et son coeur se trouve
à Barcelone. Cette évolution parfois brusque touche tous les domaines, de l'agriculture à la
politique, l'économie. La production devient industrielle et commerciale et non plus artisanale et
agraire. Pourtant, après l'Angleterre qui est le précurseur et connaît la révolution industrielle dès la
fin du XVIIIe siècle, la France au début du XIXe, l'Allemagne et les États-Unis au milieu de ce
même siècle, et même la Russie dans les années 1860, l'Espagne fait figure de retardataire, et la
Catalogne est loin d'être la région la plus florissante du pays avant les années 1880.
Rien ne prédestinait cette région d'Espagne à l'explosion qu'elle a connue. Elle n'était pas
facilement accessible par la terre, même avec le développement du chemin de fer et de quelques
routes, car son terrain est montagneux. Elle ne possédait pas non plus de grand port commercial,
donc pas d'accès privilégié à la mer. Aucune ressource minière comme le charbon, ni aucune
matière première comme le coton n'étaient disponibles sur place, ce qui imposait une coûteuse
importation si l'on voulait les utiliser. De plus, la société de cette région restait de mentalité assez
archaïque. En effet, la hiérarchisation sociale y était très forte et les classes si délimitées qu'elles en
étaient presque des castes. Une minorité, la bourgeoisie urbaine, possédait le pouvoir de façon
exclusive, les paysans et la classe ouvrière constituaient le bas de l'échelle, et la classe moyenne
était peu structurée.

Néanmoins, la Catalogne et sa capitale Barcelone vont connaître un grand développement dans
les deux dernières décennies du XIXe siècle. Au cours du XIXe siècle, la population en Catalogne
augmente fortement, pour atteindre deux millions d'habitants en 1900, dont le quart à Barcelone, à
cette époque la région représentera même 74% du PIB de l'Espagne.. Auparavant enfermée dans ses
murs, la ville est au bord de l'explosion et doit s'étendre. Un plan d'urbanisme, la plan Cerdà, est
établi en 1860 et prévoit de repousser les limites de la ville pour créer de nouveaux quartiers
d'habitations, organisés en plan hippodamien. Malgré l'aspect révolutionnaire et unique au monde
du projet, l'armée et les conservatismes empêchent de réaliser entièrement ce projet.
L'élément déclencheur a été la tenue de l'Exposition Universelle à Barcelone en 1888. Jusque là,
les villes organisatrices de cet événement étaient reconnues d'importance internationale : Paris,
Londres, New-York, Vienne, Philadelphie, Chicago. Barcelone n'a rien à voir avec elles, bien que
surnommée « l'usine de l'Espagne », elle est peu connue dans le monde. De plus, on ne pouvait
choisir plus mauvaise date : l'année 1888 était celle qui précédait l'Exposition de Paris de 1889 qui
allait voir la construction de la tour Eiffel, et tous les grands exposants importants préféreraient se
rendre à Paris plutôt qu'à Barcelone. Mais après de nombreuses années de discussions, de quasi annulations,
de reports, de difficultés d'organisation... la bourgeoisie catalane est enfin prête à
organiser son exposition. Car c'est bien à la bourgeoisie que Barcelone doit cette aventure. La
tendance politique était à l'exacerbation des sentiments identitaires nationaux et régionaux, et cela
valait aussi pour la Catalogne, pour laquelle les bourgeois voulaient faire une vitrine de l'Exposition
Universelle. Aucune grande entreprise espagnole n'est attirée par l'événement, mais les industriels
français sont nombreux à venir, sentant que le marché catalan est prêt à se développer.
Une transformation profonde de l'urbanisme de la ville d'accueil accompagne généralement
l'Exposition, et Barcelone ne fut pas une exception. Elle se modernise et s'étend à l'est du fleuve
Besos, répondant à l'augmentation de sa population. En 1897, la ville s'est tellement étendue qu'elle
absorbe d'autres communes alentour.
Historique de la construction

Eusebi Güell décide en 1899 d’entreprendre la construction d’une cité-jardin résidentielle, sur le
site de la Montana Pelada racheté la même année au marquis de Sama. Il demande à Gaudi d’en
réaliser les plans. Güell souhaitait réaliser une opération financière en y attirant la bourgeoisie
catalane. Güel partageait les mêmes conceptions hygiénistes que Gaudi, d’où quelques contraintes
de conception. Le lotissement devait être divisé en deux parts égales entre zones vertes et
équipements. Güell voulait obtenir soixante parcelles triangulaires de 1000 à 2000 m². La résidence
devait être fermée et contrôlée. Seul 1/6ème de la parcelle était constructible. Les propriétaires ne
pourraient en faire une utilisation industrielle, et un impôt leur serait demandé pour l’entretien.
Sensible à la nature, Güell n’aurait jamais accepté qu’on coupe les arbres. Güell décide aussi de
vendre les parcelles après les avoir reliées à l’eau, l’électricité, aux égouts ainsi qu’au téléphone : ce
qui est très rare à l’époque. Les travaux durent de 1900 à 1914. Seules deux demeures à l’issue des
travaux sont construites : une maison-témoin que Gaudi occupe dès 1906, une maison dite « Casa
Larrard » pour Güell. Les travaux stoppent en 1914, faute d'acheteurs, Güell n'a pas réussi à attirer
les bourgeois catalans et aurait fait faillite en continuant.

Maître d'oeuvre

Antonio Gaudi nait à Reus près de Tarragone dans le sud de la Catalogne en 1852. Il fait ses
études en Catalogne, et sort diplômé de « l’Escuela provincial de arquitectura » de Barcelone en
1878. En parallèle de ses études, il travaille dans plusieurs ateliers d’architecture, et rencontre les
architectes barcelonais les plus en vogue de son temps comme Josep Fontseré ou encore Juan
Martorell. Il fut très influencé par l’oeuvre de Emmanuel Viollet-le-Duc (1814-1879) en particulier
ses écrits sur l’architecture médiévale gothique. Il développe une nouvelle vision de l’architecture :
pour lui, on ne doit pas choisir des éléments d’architecture pour imiter un style défini, mais pour des
raisons de statique et de mécanique. Il cherche tout au long de ses études à définir un style catalan :
il étudie avec assiduité cette culture maritime et méditerranéenne, ses paysages particuliers comme
le relief montagneux de Montserrat.
La première partie (1880-1890) de sa carrière livre des productions inspirées de l’art gothique,
dont l’influence est moins évidente à la fin de sa carrière. Ses premières réalisations sont des
commandes privées, situées en périphérie de la ville de Barcelone, à l’exception du palais Güell. Il
y utilise divers matériaux traditionnel comme la brique, ou nouveau comme la céramique
polychrome et de nouvelles formes architecturales comme les colonnes inclinées qui deviennent
assez vite sa marque de fabrique. A partir de 1890, l’architecture de Gaudi s’enrichit de nouveaux
éléments. Il utilise des motifs naturalistes et mélange de nouveaux matériaux (structure en fer et
béton) à des matériaux traditionnels (pierres). Il joue énormément sur la polychromie et cherche à
animer ses réalisations. Il mélange allègrement mobilier, architecture et décoration. Il meurt en
1926.
Il doit le lancement de sa carrière à un mécène en particulier : il s’agit de Eusebi Güell.

Maître d'ouvrage

Eusevi Güell (1846-1918) est un riche industriel diplômé en droit, en économie politique, en mécanique
et en sciences appliquées. Il passe de longues périodes en France et en Angleterre durant sa jeunesse
pour y étudier le fonctionnement de l’industrie textile. De ces voyages, il revient marqué par les
conceptions urbaines anglaises. En effet, c’est un grand amateur d’art qui se consacre à
l’architecture, au dessin et à l’aquarelle. C’est aussi un grand collectionneur d’art, en particulier
celui venant de sa Catalogne natale : il travaille toute sa vie à mettre en avant la culture catalane.
Dès 1882, il rejoint le mouvement bourgeois et intellectuel de la « Renaixença ». Il devient
conseiller municipal de Barcelone en 1875 puis député et sénateur de la province de Barcelone en
1878. Il devient comte en 1908. Il devient un modèle politique et social à suivre pour tous. Il
commande durant sa vie trois oeuvres majeures à Gaudi : le palais Güell dans le centre historique de
Barcelone, l’église de la colonie Güell à Santa Coloma de Cervello, et le parc Güell sur la
Montanya Pelada. Il meurt en 1918 dans cette dernière.
Comme le font toutes les élites européenne, Güell a, au travers de ses travaux intellectuels, une
démarche nationaliste. Il cherche à montrer la supériorité et l'originalité de sa langue, de sa
géographie et de l'Histoire de la Catalogne. Il met en place plus qu'une vision idéalisée des origines
de la Catalogne : on peut parler de véritable idéologie, qui connait une application politique. Güell
va donc mettre en avant cette idéologie dans ses actions, sa carrière et bien sûr ses constructions.
Nous retrouvons donc des éléments de ce nationalisme catalan dans le parc Güell.

II/ Description du parc

La localisation du parc
Le parc est posé sur un flanc de montagne ouvertsur la ville de Barcelone, dans le quartier de la Salut.
Le planGaudi a cherché pour Güell à représenter la naturedans les constructions, mais en veillant bien à laisser
au spectateur l'idée que celles-ci sont issues de la mainde l'homme, et non de la nature. Il est donc naturaliste,
et non réaliste. On retrouve cette volonté d'imiter sanscopier la nature dans le tracé du chemin de promenade
du parc. D'environ trois kilomètres, il parcoure'ensemble du parc tout en courbe. Il étonne le
promeneur qui découvre tout au long de celui-ci desouvrages jamais identiques : ponts en forme de
viaducs, portiques utilisés pour retenir la terre ou simple galerie creusée dans une avancée de terre
où il utilise ses spectaculaires piliers inclinés. Gaudi a cherché à être rationnel : il ne va pas à
l'encontre du terrain, et cherche la simplicité dans la conception. C'est une façon pour lui de donner
un côté rustique à ses réalisations, qui pourtant sont faites de matériaux industriels récents comme le
béton. Il réalise les constructions de façon pragmatique, qualité selon Gaudi et Güell des Catalans
avant la conquête romaine. Il utilise pour ce faire des méthodes de constructions catalanes
traditionnelles.

Les matériaux

Gaudi utilise des matériaux dits « pauvres » : béton, pierre naturelle, trencadis (technique de
mosaïque de céramiques de récupération)
Promenons-nous dans le parc
Extrait de Paroles et écrits de Gaudi :
Sur son inspiration :
Le grand livre, toujours ouvert et qu'il faut s'efforcer de lire, est celui de la Nature, les
autres livres dérivent de lui et contiennent les erreurs et interprétations humaines. Il y a
deux révélations : l'une doctrinaire, celle de la Morale et de la Religion, l'autre, guidée
par les faits, celle du grand livre de la Nature.
L'enceinte du parc
Elle englobe l'ensemble du parc, et Gaudi en fait plus qu'une simple délimitation. Légèrement
penchées, les pierres sont taillées et agencées de façon quasi-brute et sans appareil organisé.
Cherchant à imiter la nature, il obtient ainsi un effet d'écorce de bois. La partie supérieure est
décorée d'un bandeau rouge et blanc, ponctué à intervalles réguliers de médaillons. La forme de
ceux-ci rappelle celle des médaillons de cigare : Güell possédait des fabriques de cigares aux
Philippines et à Cuba. Les bandes rouges et blanches, au nombre de quatre entre chaque médaillon,
sont un rappel des couleurs de la Catalogne.
Les pavillons de l'entrée
Le parc avait été conçu comme une zone résidentiellesurveillée : les deux pavillons étaient destinés à servir de
locaux pour le concierge et la police de l'urbanisation. Leur décor est réalisé à l'aide de tessons de récupération (trencadis).
Les murs des pavillons sont en continuité avec l'enceinte : ils sont en pierres quasi brutes et agencées de façon désorganisée.
Güell apporte un soin particulier aux fenêtres qui possèdent undécor mosaïqué multicolore, ainsi qu'aux toitures. Ils utilise
beaucoup les courbes et les contre-courbes, brisées ou
renforcées par le motif en damier.
La grotte
Elle se situe à droite de l'escalierprincipal. Elle se compose de quatrepiliers en façade et d'un pilier central.
La décoration des piliers est en pierresquasiment brutes. Encore une fois, on devine un profond respect lors de la
conception de la nature et du terrain :Gaudi a par exemple récupéré une pierre trouvée sur le site et l'a insérée en
décor d'une des colonnes, cette pierrerappelant le drapeau de la Catalogne. L'effet d'écorce et l'absence de bases des colonnes les rendent semblables à des troncs d'arbres. Le pilier central est un cône inversé massif, tel une gigantesque
stalactite rejoignant sa consoeur au sol.
L'escalier principal est décoré de mosaïque decéramique blanche. L'effet produit rappelle les marches d'un temple grec en
marbre, et la symétrie de la structure luien donne la majesté. Le long de l'escalier, on trouve des créneaux décorés de mosaïques multicoloressurmontant un mur de retenue lui aussimosaïqué. A chaque palier, la rampe estdécorée sur sa tranche d'une mosaïque.
L'escalier se dédouble, l'espace ainsidégagé entre les deux parties contenantdes plantes décoratives. L'une des vasques est recouverte de la fameusesalamandre mosaïquée, qui est devenue de nos jours le symbole du parc Güell.

Au palier supérieur, les deux escaliers se regroupent pour permettre la mise en place d'un banc
intégré et mosaïqué dans la plateforme de la colonnade. Ce banc a la particularité d'abriter du soleil,
qui est haut l'été, et d'être ensoleillé en hiver. Une fontaine crache l'eau d'une source par la gueule
d'un dragon, symbole catalan, lui-même calé dans une coque aux couleurs de la Catalogne, les
bandes alternées jaunes et rouges.

La colonnade dorique

Surplombant l'escalier, la colonnade dorique est un rappel des temples grecs. Il faut savoir que Gaudi et Güell étaient de
fervents admirateurs des cultures méditerranéennes. Les colonnes soutiennent une immense place. Les plafonds sont recouverts de mosaïquesrouges se chevauchant, certaines étant multicolores. Légèrement penchées, ellessont la marque de Gaudi.
Il justifie luimême cette façon de concevoir les colonnes : pour lui, c'est la façon la plusnaturelle de soutenir une plateforme :
les colonnes sont de plus en plus penchées au fur et à mesure que l'on s'éloigne du centrede la structure, pour une stabilité maximale

La place principale et son banc mosaïqué

Cette place est pour ainsi dire la star du Parc Güell. Elle est construite au-dessus de la colonnade
dorique. Sur son bord s'étend un banc sinusoïdal, réalisation unique au monde, qui permet à un
groupe de quelques personnes d'occuper l'équivalent d'un banc et de discuter en voyant tous les
voisins et en profitant du paysage en même temps. En effet, cette place est en hauteur par rapport au
parc et offre une vue imprenable sur Barcelone et la mer. Elle devait être le coeur de la cité-jardin, là
où tout le monde devait se rencontrer, car le marché était destiné à s'y tenir.
Sur les couleurs :
L'ornementation a été, est et sera colorée. La Nature ne présente jamais aucun objet de
façon uniforme. Tout, dans la végétation, dans le règne animal et minéral comporte un
contraste de couleurs plus ou moins vif. C'est pourquoi nous devons, nous aussi, colorer
obligatoirement, en partie ou en entier, les divers membres architectoniques dont la
couleur disparaîtra peut-être mais que la griffe du temps se chargera de recouvrir de
cette patine originale et précieuse que donne l'ancienneté.
C'est entre autres à cause de cette citation de Gaudi que certains de ses admirateurs ont protesté
contre la campagne de restauration des années 1990, qui a vu le remplacement des trencadis
détériorés et affadis du banc sinusoïdal par des flambant neufs.
Portes en fer forgé
Elles servent à séparer les différentes parties du parc et ont été dessinées par Gaudi.
Les viaducs
Ils prennent différentes formes, vitrines de l'imagination de Gaudi. Ses piliers peuvent être des
pierres agrégées, des sculptures représentant des figures humaines de façon primitive, des torsades
comme sorties de terre, des troncs d'arbres pétrifiés, plus ou moins penchés et servant de jardinières.
Sur l'inclinaison des colonnes, Gaudi écrit :
On me demanda pourquoi je faisais des colonnes inclinées. Je répondis : « Pour la
raison qui fait s'appuyer celui qui chemine, lorsqu'il est fatigué, sur un bâton incliné
car s'il le posait verticalement, il ne se reposerait pas. »
Calvaire
Le calvaire construit dans le parc s'inspire des talayots, constructions préhistoriques en pierres,
que l'on trouve principalement à Minorque et Majorque. C'est encore un trait de la volonté de Gaudi
d'opérer un retour aux sources. Il est allé à Majorque en 1903, en profitant certainement pour en
voir de près.

Chapelle privée

Autre témoignage de la foi de Gaudi, et de l'importance de la religion dans sa vision de la cité
idéale, la chapelle privée était destinée à l'usage du comte de Güell. Le superbe paravent porte
sera détruit accidentellement lors des travaux de restaurations. La décoration en fer forgé qui
subsiste aujourd'hui est toute en courbes et imite des végétaux.

La maison témoin

Cette maison était destinée à servir de maison-témoin, celle que les futurs acheteurs allaient
visiter avant de se décider à acheter. Elle devait leur donner envie d'acheter une parcelle, et ainsi
permettre aux travaux de continuer. Sa construction se déroule en 1903-1904 et est l'oeuvre de
Francès Berenguer, Gaudi s'y installe en 1906.
Les formes du mobilier sont art-nouveau, comme pour rappeler la nature à l'extérieur. La dimension
religieuse est présente ici aussi : un retable en bois doré et stuc ivoire représentant Jésus enfant et Saint Joseph,
réalisé par Antonio Gaudi et Josep Llimona.

Le devenir du Parc Güell

Les travaux sont arrêtés en 1914 pour ne jamais reprendre. En 1922, la famille Güell le donne à
la ville de Barcelone et il s'ouvre au public. Il est depuis emblématique de la ville et est même
classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Une campagne de restauration a lieu entre 1985 et 1993
par José Antonio Martinez Lapeña et Elias Torres. C'est là que les trencadis originaux de Gaudi sont
remplacés par des céramiques plus récentes. Aujourd'hui, le parc est toujours accessible au public,
et l'on vient du monde entier pour s'y promener.
Conclusion
Le Parc Güell est l'occasion pour Gaudi de pousser à l'extrême l'expression de ses idées tant du
point de vue artistique, que politique ou d'urbanisme. La Nature est clairement la première
inspiratrice du parc, qui fait plus que la respecter puisqu'il l'utilise et joue avec les reliefs naturels de
la colline sur laquelle il est construit. L'urbanisme de Gaudi est pragmatique. Ses formes, qui
peuvent paraître farfelues, sont en fait des réponses pratiques à des besoins, comme le banc qui est
au soleil ou à l'ombre selon qu'on est en hiver ou en été, ou les colonnes inclinées pour le repos du
marcheur. La religion est un élément important de la ville idéale de Gaudi et Güell : parmi le peu de
bâtiments effectivement construits, figurent une chapelle et un calvaire. Plusieurs éléments, parfois
des détails, rappellent au promeneur que les deux hommes étaient également très attachés à la
Catalogne, dont ils ont tous deux cherché et profondément aimé les origines, les spécificités, la
culture.
Bien que ce grand projet fût un échec financier, et que Güell n'ait pas réussi à attirer la
bourgeoisie de Barcelone comme il en rêvait, le Parc restera un énorme succès artistique. Il est
unique au monde et dans la carrière de Gaudi, dont les innovations inspireront les grands architectes
du XXe siècle, comme le Corbusier qui sera un de ses admirateurs.

Bibliographie

Philippe Thiébaut. Gaudi, bâtisseur visionnaire. Paris : Gallimard, 1992.
Tiziana Contri. Antonio Gaudi. Arles : Actes Sud, 2010.
Barcelone, fin de siècle. Espagne : Hazan, 2001.
Maria Antonietta Crippa. Antoni Gaudi : de la nature à l'architecture. Paris : Taschen, 2003.
Antonio Gaudi. Paroles et écrits. Paris : L'Harmattan, 2003.
Juan-José Lahuerta. Antoni Gaudi : architecture, idéologique et politique. Paris : Gallimard,
1992.


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